1010 jours après notre arrivée…

Prenez une boisson chaude ou froide, installez-vous confortablement car ce post est vraiment un post à rallonge…

2 ans 9 mois et 9 jours après… Que de chemin et quel manque de temps… surtout pour alimenter ce blog ! C’est même M. ours qui s’y colle depuis quelques articles… Aujourd’hui sous forme de bilan au bout de presque 3 ans, je vais répondre en même temps à plein de questions qui nous sont régulièrement posées sur notre parcours et notre histoire.

Tout d’abord et pour commencer, au bout de presque trois ans, on est bien, on est sereins et on a trouvé ici à Montréal NOTRE équilibre, celui qui nous permet d’être heureux et de profiter de plein de petits bonheurs au quotidien.
Il y a eu des moments plus difficiles, des craintes, des doutes, de la fatigue des amis jaloux (ceux là ne sont plus vraiment des amis en passant), des petites et des grandes réussites, des découvertes en masse et maintenant un sentiment de se sentir bien ici ‘chez nous’. C’est étonnant mais on se sent plus ici chez nous que lorsqu’on était en France, on ne l’explique pas vraiment mais aujourd’hui tout est devenu naturel, on ne se pose pas la question d'où on peut aller acheter telle ou telle chose, prendre quelle route pour aller à tel endroit, le réseau routier et le métro sont devenus naturels et c’est agréable.

Nos enfants s’épanouissent bien eux aussi, évidemment ils ne vivent pas l’immigration comme nous, notre fils n'avait que 15 mois quand on est arrivés donc il n’a pas de souvenirs spécifiques en France, mais il semble très heureux ici. On attise sa curiosité avec des découvertes, il sait qu’il est né en France et que ses grands parents y habitent, qu’un jour il prendra l’avion tout seul pour aller les voir et bien que nous soyons maintenant des vrais citadins, dès qu’on le peut on part en nature, à 4 ans notre fils connait et reconnait en foret des essences d’arbres, sait que les bernaches partent dans le sud et a croisé une multitude d’animaux sauvages depuis que nous sommes arrivés. Lui baigne dedans mais il sait aussi qu’il a des racines ailleurs.
La petite est 100% québécoise alors pour elle l’intégration sera plus que naturelle. Ce que nous avons observé c’est que les enfants ont une capacité folle à entrer en relation avec des personnes sans barrière, du coup bien souvent par les enfants on créée des amitiés qui n’auraient pas forcement vu le jour, nous sommes toujours plus ‘craintif’ à aller discuter de tout et de rien avec des inconnus, dommage, je pense qu’on loupe bien des choses (soit dit en passant !)
Aujourd’hui quand on repense à l’année 2010, celle juste avant le départ, on se demande presque ce qui nous a poussé à partir tellement aujourd’hui cette histoire est devenue une évidence. Oui on le sait c’est plusieurs facteurs réunis et notamment des gros problèmes récurrents dans les emplois… Il était temps de vivre autre chose !
On a beaucoup évolué, évidemment une immigration permet de prendre conscience des choses essentielles de la vie, l’amour, l’amitié, l’entraide et la communication c’est essentiel, on s’est serré les coudes quand ça n'allait pas fort, on en sort endurcis et grandit, on est plus forts…


Montréal vu du canal Lachine

De notre côté, on ne voit pas le temps passer, les saisons défilent à une vitesse folle, on a le temps de pas grand-chose mais nos parents et grands parents, eux, souffrent silencieusement de la distance. Cette distance qui les empêche de serrer leurs petits enfants (et nous accessoirement) dans leurs bras. On a fait un choix, croyez aussi que LE choix de départ n’a pas été simple pour nous…On a expliqué notre choix, il n’a pas forcement été bien accueilli mais aujourd’hui TOUS s’accordent à dire que l’on a bien fait de partir. Ils nous voient nous épanouir et être heureux et c’est bien ça le plus important pour des parents. Notre blog privé leur permet de voir évoluer les enfants de manière quasi-quotidienne. Il est évident qu'Internet permet de garder un lien étroit malgré la distance, si bien que lorsqu’ils arrivent à l’aéroport, on a rien à se raconter (lol), ils ont vu les dernière bêtises du grand avant de partir et savent si des microbes trainent dans la maison ou pas ! Bien sur ça ne remplace pas le tactile et les fous rire mais ça comble un peu notre départ.

Il y a la famille mais aussi les amis qui restent… Pour eux notre histoire est le reflet d’une immigration réussie, parfois enviée ou juste qualifiée de ‘chanceuse’… plus que chanceuse, je dirai qu’on a réussi à se créer des opportunités. On a jamais gagné au loto ou trouvé une caisse dans un plafond avec de l’argent hein :p

Aujourd’hui on a presque oublié les 4 premiers mois difficiles, on a eu beaucoup de doutes sur nos capacités d’intégration, professionnelles, notre avenir, on a passé des soirées à se demander ce qu’on est venu chercher. La lueur a été l’obtention du premier emploi, si petit qu’il soit pour moi et si gros pour M. ours, là tout a commencé et ça nous a prouvé que tout était possible…il faut se battre mais il y a des opportunités mais le déclic c’est le travail….celui qui nous permet de vivre  Ce sentiment justement d’impossibilité qu’on avait en France nous a aussi poussé à partir.

Nous faisons un triste constat mais à date rien ne nous donne envie de rentrer en France, la famille et les amis nous manquent, on ne va pas se voiler la face mais si on pouvait mettre tout le monde dans un avion et les faire venir et bien ça serait bien plus simple pour nous. Car de toutes façons quand on rentre, on a pas le temps de voir tout le monde, c’est toujours la course pour contenter tout le monde, on ne profite même pas des lieux ni rien, on court toujours ! L’ourson découvrira les Alpes, la côte d’azur quand il sera en âge de partir seul car là il aura du temps de qualité avec ses grands parents. Bien entendu nos grands parents vieillissent et c’est dur pour nous de ne pas les voir aussi souvent qu’avant mais ça aussi ça fait partie de la réalité de l’immigration.
Quand on discute de notre vie nous sommes bien conscients que nous sommes privilégiés d’avoir vécu une aventure comme ça et que notre vie aujourd’hui est sereine mais soyons un poil égoïste, on le doit à nous seulement, on a jamais rien demandé à personne, on a connu des années difficiles et maintenant on profite. On construit notre vie au jour le jour et on a recommencé à zéro en arrivant ici ! Il y a des désillusions, ici comme ailleurs, on est pas d’accord avec toutes les décisions politiques, on est en criss devant certaines infos mais malgré tout on est bien.


Au jardin botanique

Chaque année des milliers de jeunes s'envolent vers le canada et tentent l’expérience via le fameux PVT que nous avions obtenu en 2010. Certains restent, d’autres partent, Le Québec n’est pas un eldorado, les québécois n’ont pas besoin des français spécifiquement pour avancer mais le Canada at large est un des rare pays aujourd’hui a être une terre d’accueil pour des milliers d’immigrants. Bon nombre de connaissances sont rentrées, certains l’ont vécu comme un échec pour d’autres le froid était trop pénible, pour d’autres la famille était trop loin, l’arrivée d’un enfant bouleverse et remet parfois en question le fait d’être si loin de tout le monde… Chaque histoire est différente, on ne part pas à 18 ans comme on part à 30 en ayant une vie de famille. Chaque expérience est une force quelque soit l’issue. On donne souvent des conseils à des amis ou des inconnus qui veulent venir, on essaie d’être le plus juste et le plus précis dans nos témoignages mais la décision de partir s’établir loin n’est jamais sans conséquence… pour nous la décision de partir a été l’une des meilleures de notre vie assurément.

Oh là ça fait beaucoup de texte dis donc…

On va faire la deuxième partie de manière plus aérée avec les questions les plus fréquentes 🙂

Vous avez pris l’accent ?

Et bien non… pas encore… les expressions par contre oui… quand on se surprend à dire : peinturer au lieu de peindre ou ‘c’est broche à foin’ ou as-tu bien barré la porte ce matin, voir pire.. d’la marde… mais que fait cet esti d'cave qui avance pas avec son char… ouais j’avoue on en a pris quelques unes hein tsé…
Anyway c’est la vie, et ne parlons pas d’Anton qui lui est en permanence entouré d’amis… ‘maman t’as-tu vu mon chandail ? ‘Ceci dit, quand on est en colère c’est put** qui prime sur le tabar* (pour combien de temps encore ???)

Le froid ? Ca va ?

L’hiver commence le 21 décembre et achève le 21 mars… bon ok dans les faits c’est un peu plus compliqué que ça à partir du 1er novembre, il fait pas encore trop froid (genre 5°) mais c’est surtout l’humidité constante (celle qui fait frisoter les cheveux tout le temps) qui est pénible, si tu as le froid sur toi c’est la fin pour la journée et comme on ne veut pas sortir les gros manteaux d’hiver en novembre… on chiale pendant un mois de la météo… Après arrive décembre, les festivités de noël et là tout le monde (ou presque, notre voisin non par exemple) s’accorde pour dire que noël blanc c’est quand même le fun (genre le 2cm réglementaires)… ensuite deux écoles s’affrontent ceux qui aiment l’hiver et les activités qui vont avec (nous et une proportion non négligeable de la population) et les autres qui haïssent l’hiver, la neige, le froid, les 12 couches pour avoir chaud… et attendent qu’une chose c’est de partir dans le sud ! (ceci dit un petit voyage dans le sud est apprécié même quand on aime la neige !) Les -30° c’est juste quelques jours par an, ça ne dure pas tout l’hiver ! Nous on aime sortir quand il fait une belle journée froide, avec les enfants en dessous de -15° on évite les balades surtout avec un bébé car leur peau gèle plus vite mais on ne se prive pas pour autant s’il fait -7°, l’air est sec donc c’est agréable. Le seul truc c’est qu’en hiver on est plus lents, plus lents à s’habiller, plus lents à marcher, plus long car le matin on se prépare un mug de boisson chaude pour aller jusqu’au métro. On a la chance de connaitre les vraies saisons ici alors nous on aime ça. Ce qu’on aime moins c’est humidex et la chaleur accablante en été car si c’est toujours la question du froid qui revient… ben on crève de chaud aussi…


Parc Angrignon

Rue Notre Dame après la tempête du 27 décembre 2012

La bouffe, la santé ça c’est moins bien ? (avec une petit sourire)

Pour la bouffe, au quotidien on ne voit pas de différence car j’ai toujours cuisiné donc les produits de base sont identiques (ah oui les lardons pour la carbo sont remplacés par le bacon (Excusez) mais la boucherie pour les lardons est un peu loin mais on en trouve 🙂 ). On trouve de tout et de toutes les nationalités, il faut juste chercher et avoir le temps. On a découvert avec joie les fromages québécois et même si l’affinage est moindre (question réglementaire), ils goutent bons comme dirait Anton !


Fromagerie de charlevoix

Pour la santé on a pas de médecin de famille, comme beaucoup de personnes. On compose avec, de nature pas trop alarmiste, mes enfants ne voient pas vraiment beaucoup le médecin, les vaccins oui… et en cas d’urgence on se lève un peu plus tôt et on va au CLSC le plus proche.

La mutuelle de M. Ours est merveilleuse donc les soins dentaires et paramédicaux sont super bien bien pris en charge et ça c’est vraiment un bonus (pour ça on a de la chance 🙂 ).

Vous avez pas eu peur ?

Peur non, on a pris notre courage à deux mains pour prendre la décision mais pas de peur. La seule peur qu'on a eu, avant d’être résidents permanents c’était celle de devoir retourner en France. On a comme tourné ce chapitre, on a véçu de magnifiques choses en France, notre rencontre, notre mariage, l’arrivée de l’ourson on oubliera jamais mais notre vie est ici.

Pourquoi vous avez réussi ?

Principalement car on ne s’attendait à rien en arrivant. On était conscient que le statut d’immigrant n’était pas facile, on espérait secrètement réussir mais on s’était mis en tête que l’on pouvait se planter royalement (d’où l’idée de conserver notre maison au départ).

Les enfants ? lécole ?

Ils vont très bien merci ! Concernant l’école, je ne peux pas encore raconter puisque l’école commence à 5 ans ici (et 6 pour Anton de par sa date de naissance) donc on vous dira ça dans 2 ans !
Ils sont tous les deux dans un CPE (Centre de petite enfance) ce qui correspond à une crèche en France mais adapté à leurs âges. Et très honnêtement pour Anton c’est comme une moyenne section en France, il connait son alphabet sait compter jusqu’à 30, il sait écrire son nom et tout ça dans les deux langues et en plus il passe deux heures par jour dehors été comme hiver (un peu moins l’hiver mais quand même).

Le boulot ?

C’est lui qui change tout c’est évident… Sans emploi pas de ressources donc pas de vie possible… M. Ours occupe un poste à responsabilités depuis juin 2011 et moi j’ai commencé comme bénévole dans une asso et petit à petit j’ai fait mon chemin et je suis très contente de mon emploi actuel à la Ville de Montréal, il me permet de m’épanouir dans le travail tout en conservant une qualité de vie pour la famille. Mais ça nous ait pas tombé tout cru dans la bouche, j’ai du effacer des graffitis, j’ai eu à gérer des travailleurs difficiles, Alex fait des semaines de 55h, on se bat mais on est fiers de nous. Je me suis fait tirer à boulets rouges car ma fille est allée à la garderie avant ses un an et c’est assez mal perçu mais ma situation est bien meilleure maintenant et ma fille retrouve une maman qui est bien dans ses baskets le soir et je passe du temps de qualité avec les deux ce qui est à mon sens bien plus important. On a une routine en semaine c’est sur, on est obligés, on a deux emplois, deux enfants, tout est pas mal réglés comme du papier à musique mais en fin de semaine on décompresse. Le rythme est soutenu, on court beaucoup mais on à l’âge pour le faire.

C’est quoi qui a fondamentalement changé du coup ?

Notre soif d’aventure est comblée, je ne dis pas qu’on ne veut plus voyager ou découvrir mais ce quelque chose qui nous manquait ne nous manque plus. On a un meilleur niveau de vie ici, un a aussi une accessibilité à tout facilité, plus besoin de faire 150km pour aller au Ikea ou dans un magasin de scrapbooking… puis avec tout ça on a quand même la nature toute proche.

Coups de cœur et coups de gueule

Coup de gueule en premier pour finir sur une note positive : Le mois de novembre (hein, j’en ai déjà parlé moi ?), la canicule en été (ha oui ça aussi…), mince je chiale vraiment sur la météo ! On a une plus grande difficulté au quotidien que l’ennuagement c’est le manque de relais par rapport aux enfants, on a difficilement du temps pour nous deux. On s’arrange avec des amis quand on peut mais j’avoue que ça c’est difficile. Imaginez quand la famille vient… profitez des enfants, nous on va se faire un souper en amoureux !!! Et puis l’an passé j’ai eu les cils qui ont gelés et ça c’était pas drôle!

Coups de cœurs : les paysages automnaux, la gaspésie, les vrais grands espaces comme on les imaginait, le canot sur un lac, les patinoires à 2 min de la maison, notre achat d’appart…


Parc Oka
 

On a bien hâte de voir ce que l’avenir nous réserve, on est dans une bonne dynamique, maintenant on aspire à être plus tranquilles d’esprit (maintenant que la résidence permanente est là, que l’appart est acheté… mais il nous reste toujours une maison à vendre en France… )

Bref, et pour conclure ce long post si y’a toujours des lecteurs, j’encouragerai les gens à tenter une aventure si l’envie est très forte, quelque soit le pays et la durée mais il faut s’attendre à des difficultés mais aussi vivre quelque chose de fort intéressant.

 

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4 réponses à 1010 jours après notre arrivée…

  1. Anne Cecile dit :

    Bonjour,
    Je viens de lire votre très beau récit! Ça va donner envie de tenter l’aventure à plus d’un…
    On a à peu près vécu la même chose il y a quelques années au Canada. Je veux dire que notre aventure canadienne a été très positive, mais on est repartis en France au bout de 6 ans pour se rapprocher de la famille (on avait un bébé et le 2e allaient arriver). Maintenant, ça fait 5 ans que nous sommes rentrés et nous souhaitons repartir au Canada! On a bien profité de la famille et des bons côtés de la France, mais chaque année, nous repensons à Montréal et à tout ce que nous aimions là-bas! Notre coeur est resté là-bas. Cette année nous sommes à Malte mais malgré le soleil et la proximité avec la France, le Québec nous manque…
    En lisant votre récit, j’ai senti votre enthousiaste et c’est cette enthousiaste que nous avons perdu au fil des années en France! Nous ne sommes pas les seuls à faire le chemin inverse.
    Bonne continuation à vous!

  2. Jenzinha dit :

    Bonjour !
    Bel article, oui 🙂 ! J’ai découvert ton blog via le site « Aux 5 coins du monde », que j’apprécie particulièrement. J’ai cru comprendre que tu n’alimentais pas de façon hyper rigoureuse ce blog-ci, mais le peu que j’y ai lu me confirme cette idée que nous avons, mon mari et moi, de peut-être aller tenter le Canada prochainement. Pour ma part, je suis plutôt branchée pays chauds (2 ans d’expatriation au Brésil, et maintenant au Portugal depuis 6 mois), mais je me rends compte que le climat ne fait pas tout… En tout cas, notre vie d’aujourd’hui au Portugal nous fait le réaliser. Et même si je flippe d’avoir les cils qui gèlent (lol), les cheveux qui cassent, et que je crains de ne plus jamais pouvoir porter mes vêtements et chaussures brésiliens, le Canada m’attire ! Ton article, que j’ai lu EN ENTIER(!!), motive, et de voir que des gens (comme Anne-Cécile ci dessus) qui en sont partis ressentent une sorte de vide, un manque (manque que j’ai moi même aujourd’hui vis à vis du Brésil) dénote énormément de choses…

  3. Lola dit :

    Bonjour,

    Merci pour ce beau récit et magnifique témoignage.

    Je viens d’arriver au Québec avec mon mari et bébé de 10 mois en tant que nouveaux résidents permanents (après une absence de 7ans …). Votre récit me donne de l’espoir car je sais que nous allons nous donner les moyens d’y arriver et que nous voulons vraiment construire notre vie de famille ici. Je suis convaincue comme vous que la bonne chance ne tombe pas du ciel mais se construit par nos efforts.
    Je continuerai de vous suivre.

    Merci et à bientôt !

    Lola

    Ps : un post sur les garderies ? 😉

  4. Sophia dit :

    Très bien raconté, j’ai beaucoup aimé vous lire… parce qu’aujourd’hui, mon homme m’a vaguement parlé de Montréal… et j’ai voulu voir un peu! Pas déçue du voyage! MERCI!

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