Trouver du travail à Montréal – la suite

Il y a 2 mois, madame Ours postait son expérience sur ce blog ici même :

http://canada.maumautte.com/2011/05/trouver-du-travail-a-montreal-entrevue-embauche-reseutage-benevolat

A ce moment là, j’étais en cours de discussions pour mon job actuel, et donc je ne pouvais encore rien dire.

Voici le récit de mon parcours pour trouver un emploi à Montréal.

Comme l’a décrit madame dans l’article précédant, nous sommes venus au Canada avec une situation qui nous est propre, et un objectif de fond basé sur nos envies, nos motivations sociales et professionnelles, ainsi qu’une certaine vision de l’avenir relativement à nos expériences passées.

Le PVT était un moyen « facile » de démarrer l’expérience avec des risques limités (le coût du voyage et l’énergie pour arriver à réaliser tout ça), tout en ayant notre propre idée de ce qu’est la vie, enfin, notre vie au Canada, plus particulièrement à Montréal.

Nous sommes donc venus sur Montréal en conservant mon travail Français sous le coude (administrateur systèmes et réseaux, entre autres fonctions) permettant ainsi de temporiser mon placement sur le marché de l’emploi local.

C’est donc à mi vitesse que j’ai entrepris de trouver un job ici, avec pour ennemi le temps qui passe. Il faut être conscient que Français en PVT sur le marché du travail à Montréal n’ouvre pas franchement en grand les portes des emplois à responsabilité.

Je veux dire par là que plus le temps passe, plus votre permis de travail réduit en durée, et plus il est donc difficile d’accéder à l’emploi car vous représentez chaque jour un potentiel moins intéressant pour une entreprise.

Bien sûr ceci ne concerne pas les emplois « alimentaires » qui sont disponibles rapidement et dans tous les quartiers de la ville, il suffit pour ça de regarder les annonces sur les vitrines.

J’ai donc postulé de manière régulière sur les différents sites d’offres d’emploi en IT actifs sur Montréal (Jobboom, monster, emploisinformatique,randstad,ITjobs,viadeo,linkedin etc.) aux postes qui me motivaient. Les retours sur ces sites ont été, de la simple non réponse, jusqu’aux séries d’entrevues, suivie de propositions de poste qui ne se sont jamais concrétisées !

J’ai eu l’occasion de répondre à beaucoup d’offres sur la durée, soit posées directement par des entreprises, soit par des entreprises de placement.

Ce qui ressort rapidement de tout ça :

– La plupart du temps, être Français immigrant au Canada est un handicap pour trouver un job (85% des fois), ce qui laisse 10% des cas où c’est un avantage de par l’image positive du Français au travail qu’ont les entreprises, et dans 5% des cas c’est une indifférence. Attention ceci est mon ressenti personnel, et n’est que le reflet de ce que j’ai ressenti, avec les personnes que j’ai rencontré en entrevue.

– Il faut absolument doubler toute communication email par 1 ou 2 appels téléphoniques !

– Si vous n’avez jamais travaillé au Canada et au Québec particulièrement, on vous opposera systématiquement que vous n’êtes pas prêt pour la vie professionnelle au Québec.

– Selon l’humeur de vos interlocuteurs, le salaire que vous demandez peut être astronomiquement hors de prix, ou bien simplement en dessous du marché, de fait, vous n’êtes pas vraiment crédibles (fourchette variant de 25 000$ / an a 120 000$ / an pour un même poste), pour vous positionner, je vous recommande vivement de consulter les statistiques d’emploi Québec pour le profile que vous convoitez, et ainsi savoir correctement vous positionner.

– Être recommandé par n’importe qui connu du recruteur vous aura épargné 90% des efforts nécessaires pour accéder à l’emploi.

Pour ce dernier point, c’est en fait ce qui s’appelle le « réseautage » au Québec. Le réseautage est utilisé pour 2 choses principalement :

– Trouver des salariés pour combler un besoin

– Trouver des prestataires qui auront été essayé par d’autres personnes que vous connaissez

L’illustration est la suivante :

– Vous participez à un barbecue, et vous discutez deux minutes avec quelqu’un, le courant passe, et cette personne sait ce que vous faites.

– Quelques jours plus tard, sur son lieu de travail on cherche votre profil

– Vous faites passez votre CV, cette personne remet votre CV au recruteur en disant simplement que oui, il vous connaît, et que oui, vous avez l’air fort bien !

Voilà vous êtes dans la place, il ne vous reste qu’a assurer une entrevue pour la formalité, mais votre place est presque réservée.

Donc en gros, si quelqu’un peut glisser un mot en disant « ah ouai ce mec là est pas mal, il ferait un bon job », c’est gagné pour vous. Oui ça n’est presque rien, mais oui, c’est presque tout !

Les démarches et l’attitude positive que j’ai adopté, et qui ont porté leurs fruits :

Sans vouloir donner de leçon aucune, car je suis bien conscient que chacun est différent et que ça n’est pas parce que j’ai eu de la chance que vous en aurez, je vous raconte juste ce que j’ai fait, et ce qui m’a conduit à mon poste actuel.

Malgré tous les éléments évoqués plus haut, et après environ 3/4 mois, je n’avais toujours rien. Pourtant, avant mon départ j’avais travaillé mon profil professionnel, et étudié chaque axe de celui-ci. Vous l’aurez deviné, je vais vous parler des réseaux sociaux professionnels que sont linkedin et viadeo.

J’avais entrepris des prises de contact 6 mois avant notre départ au Canada via ces sites, avec des entreprises sur Montréal, dans le but de favoriser un éventuel contact. Ce qui était ressortis de ces échanges, était que sans être sur place, on ne peut pas trouver de job, et, que les attentes au niveau du CV entre la France et l’Amérique du nord n’ont rien à voir du tout !

Donc, ma démarche a été la suivante, chercher toutes les offres d’emploi qui m’intéressaient (profil spécifique de ce que j’aime faire), et j’ai repris tous les éléments demandés dans mon profil.

Par exemple, pour tel poste on demandait telles compétences, j’ai donc copié ce listing, et placé celui-ci dans mon profil. (bien sûr ça doit correspondre à ce que vous savez faire).

Dans toutes les annonces, on formule les demandes du genre « le candidat devra présenter un profile dynamique, organisé bla bla bla… », c’est la dessus que je me suis basé pour mettre en avant mon profil. Tout ce qui me correspondait, je l’ai copié et intégré à mon profil.

Du coup, mon profil viadeo/linkedin (le même avec le même contenu car il faut être cohérent) était une sorte d’offre d’emploi inversée avec le langage que recherchent les recruteurs !

Après cette démarche, je n’ai pas cessé de recevoir des propositions de job dans le monde entier ! Les chasseurs de tête avaient bien accroché. Juste avant notre départ on m’a donc proposé un job en suisse, en Inde, dans le nord de la France etc. Évidemment j’ai refusé ces propositions car mon objectif était le Canada.

C’est donc après 3 mois au Canada, que je reçois un jour un message par Viadeo que j’ai failli rater ou ne pas prendre au sérieux ! Ca disait :

« Poste IT Manager Montréal, bonjour, je cherche quelqu’un sur Montréal avec ces compétences…..êtes vous à Montréal, cherchez vous du travail ? »

Je réponds, mais un peu avec de réserve, vu ce que j’avais eu comme retours jusqu’ici. Mon CV part, il me demande aussi une lettre de motivation ! C’était un peu étrange dans la mesure ou la situation était inversée (il m’avait contacté). Cependant, et ne voulant pas stupidement gâcher ma chance, je rédige le courrier demandé.

Je reçois un coup de téléphone de cette personne, et on échange un peu sur le poste visé, ce qu’il fait, pourquoi il me contacte etc. Nous avons eu un très bon feeling.

Ensuite le processus de recrutement était lancé, mais ça aura pris presque 2 mois pour arriver à l’embauche. J’aurai passé une entrevue téléphonique d’environ 1 heure, soldée par le fait que finalement ils n’étaient plus très sûrs de vouloir recruter ! Puis 1 mois après, on me propose une entrevue, la personne veut me rencontrer. En arrivant, je pensais rencontrer 1 seule personne, et c’est face au conseil d’administration que je me retrouve ! Quand on ne s’y attend pas, ça fait vraiment bizarre. Mais bon, c’était finalement une entrevue de recrutement traditionnelle, mais avec plusieurs personnes qui posent des questions au lieu d’une seule. A la fin de l’entrevue certains voulaient me présenter l’équipe, mais le contact initial, celui qui m’avait convoqué, remet ceci à une entrevue ultérieure. Je serais recontacté finalement pour une troisième entrevue 10 jours après, qui se soldera par une proposition d’embauche après plusieurs heures d’entretien au final.

Il aura fallu expliquer lors des entrevues que mon objectif est clairement de m’établir au Canada, que j’y suis venu en famille et que je ne compte pas repartir de si tôt! C’était leur crainte principale, que celui qu’ils engagent repartent et que ça soit une perte de temps et d’argent pour tout le monde.

Ca fait maintenant bientôt deux mois que je suis en poste et je ne regrette pas l’expérience ! A titre personnel, je m’éclate dans mon job, même si celui ci n’est pas de tout repos.

Aujourd’hui j’ai déjà recruté deux nouvelles personnes pour l’équipe que je dirige, et c’était assez intéressant de devenir celui qui conduit les entretiens plutôt que d’être celui qu’on questionne, ici au Canada.

Petite note pour le dire, une des deux personnes que j’ai recruté est également un PVTiste, je me suis dit qu’à mon tour je pouvais filer un coup de main. Ayant discuté de ça avec le management, j’ai eu carte blanche pour ça, et je suis plutôt content d’avoir pu le faire. Le PVTiste qui travaille avec moi n’a pas fini ses études, et je suis sûr que cette expérience internationale sera une première pierre solide pour son CV et son avenir professionnel.

Le deuxième profil que j’ai recruté m’a été recommande par une partenaire, ce qui illustre l’importance du réseautage. C’est grâce au fait que le partenaire m’a touché un mot sur lui (le deuxième) que le recrutement est allé de l’avant en toute confiance. Ce deuxième candidat est recruté pour un poste permanent. Comme quoi pour lui aussi un petit mot qui dit « lui il est pas mal » aura changé la donne.

Dernier point, dans le travail je dirais que 75% à 80% de l’activité est en anglais dans mon entreprise actuelle.

J’espère que ce partage d’expérience pourra en éclairer certains, à titre personnel j’ai été content de pouvoir lire les récits de nos prédécesseurs afin de connaître les chemins qu’ils ont du emprunter pour arriver à leur objectif.

ah oui je ne l’ai pas dit, le poste auquel je suis entré de cette façon est « Directeur des technologies de l’information » pour une entreprise internationale.

Pour finir, voici la vidéo sur « comment avoir de la chance » qui a été comme un « starter » dans notre aventure, sans pour autant révolutionner notre façon de penser, c’est une belle synthèse de ce que j’appellerais la démarche positive : http://www.youtube.com/watch?v=FX8HoRk0eHA
Une deuxième de la même personne qui je pense est une attitude intéressante dans le cadre de votre management (que ça soit au niveau de votre vie privé, ou professionnelle) : http://www.youtube.com/watch?v=RLKw0RFHsRY

Voilà tout! j’espère que ce poste aura été intéressant pour vous !

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2 réponses à Trouver du travail à Montréal – la suite

  1. Merci pour ce retour d’expérience très instructif !!!
    🙂

  2. gaetan dit :

    Vraiment top ton post, je pars en Pvt tres bientot..

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